Qu’est-ce qu’un trouble anxieux?
Pour bien comprendre ce que sont les troubles anxieux, il est important de d’abord distinguer le stress et l’anxiété. Cela fait, on comprend qu’il est tout à fait normal d’éprouver de l’anxiété à certaines occasions, par exemple lors d’un changement de vie important, la veille d’un examen, avant de passer une entrevue pour un emploi ou au moment d’une compétition sportive, par exemple. L’anxiété est alors liée à des événements particuliers et disparaît généralement dès que la vie reprend son cours normal. Toutefois, l’anxiété devient un problème, et peut alors être un signe de la présence d’un trouble anxieux, quand elle est excessive et qu’elle persiste. C’est le cas, par exemple, si :
- elle ne disparaît pas quand la situation préoccupante revient à la normale
- elle occasionne un niveau de détresse important
- elle n’est liée à aucun événement de vie, c’est-à-dire qu’elle apparaît sans qu’on puisse en déterminer la cause
- elle préoccupe continuellement la personne
- elle a des conséquences importantes sur la vie au travail, en société ou sur d’autres facettes de la vie quotidienne.
L’anxiété n’a pas qu’une seule facette ; chacun en a une expérience différente. Il peut être utile de connaître les différents types de troubles anxieux afin de prendre les mesures appropriées pour aller mieux. Voici les plus courants.
Le trouble d’anxiété généralisée
Les personnes vivant avec un trouble d’anxiété généralisée (TAG) s’inquiètent de manière excessive et incontrôlable des événements et des activités de la vie quotidienne. Elles présentent souvent des symptômes physiques désagréables, notamment de la fatigue et des douleurs musculaires, et peuvent également rencontrer des difficultés à dormir et à se concentrer.
Le trouble panique (avec ou sans agoraphobie)
- Un cœur qui bat rapidement ou s’emballe
- Douleur ou gêne au niveau de la poitrine
- Transpiration
- Secousses ou tremblements
- Essoufflement ou sensation d’étouffement
- Frissons ou bouffées de chaleur
- Nausées ou maux d’estomac
- Étourdissements ou vertiges
- Sentiment d’irréalité ou de détachement de soi (déréalisation)
- Sensations d’engourdissement ou de picotement
- Peur de perdre le contrôle
- Peur de mourir
Les attaques de panique sont assez courantes et en avoir une ne signifie pas que tu souffres d’un trouble panique. Celles-ci deviennent un trouble que si tu t’inquiètes régulièrement d’en subir d’autres ou si tu as peur que quelque chose de grave se produise à cause d’une attaque de panique (comme devenir fou, perdre le contrôle ou mourir) ou que cela induit des changements majeurs de comportement pour éviter une autre attaque, par exemple éviter de faire de l’exercice ou de fréquenter certains lieux. Pour lire un témoignage sur cette réalité, voici l’histoire de Simon.
L’agoraphobie
L’agoraphobie est la peur de se retrouver en dehors de son domicile, dans un lieu public. Cela accompagne parfois le trouble panique dans la mesure où la personne qui présente de l’agoraphobie craint les lieux publics, souvent parce qu’elle a peur de ne pas pouvoir en sortir facilement ou d’y faire une crise de panique.Les personnes vivant avec un trouble panique subissent des attaques de panique inattendues et répétées. Il s’agit d’une poussée soudaine de peur ou de malaise intense, qui atteint son plus haut niveau pour ensuite s’apaiser au bout de quelques minutes. Une attaque de panique comprend au moins quatre des symptômes physiques ou psychologiques suivants.
La phobie spécifique
Les phobies sont des peurs intenses et persistantes concernant des lieux, des situations ou des choses spécifiques. Les phobies peuvent t’empêcher d’aller dans des endroits où tu aimerais aller ou de faire des choses que tu aimes faire. Il existe différentes phobies que l’on peut classer en catégories.
- Situationnelle : concerne une situation spécifique, telle que la phobie des avions, des ponts, des ascenseurs, de la conduite automobile, etc.
- De type sang-injection-accident : comprend toute procédure médicale invasive. Ce type de phobie est fréquemment associé à un malaise qui peut être suivi, dans certains cas, d’un évanouissement.
- Liée à environnement naturel: phobie des orages, des hauteurs, des tempêtes, de la noirceur, de l’eau, etc.
- Liée à un animal: phobie des insectes, des chiens, des serpents, des rongeurs, des araignées, etc.
Les personnes qui ont une phobie spécifique ont une peur ou une anxiété persistante pendant plus de 6 mois liée à la situation ou à l’objet en question. Elles présentent également les caractéristiques suivantes.
- La situation ou la proximité de l’objet déclenche toujours la peur ou l’anxiété immédiate.
- Elles évitent activement la situation ou l’objet.
- La peur ou l’anxiété est hors de proportion avec le danger réel (en tenant compte des normes socioculturelles).
- La peur, l’anxiété et/ou l’évitement causent une détresse importante ou significative qui nuit au fonctionnement social ou professionnel
Trouble de l’anxiété sociale (ou la phobie sociale)
L’anxiété sociale est une peur associée à certaines activités sociales ou à des situations de performance où la personne pourrait se sentir observée, embarrassée, humiliée, rejetée ou préoccupée par le jugement des autres. Cette peur devient un trouble lorsqu’elle s’intensifie au point d’empêcher de mener une vie normale. La personne peut alors se mettre à ne plus vouloir assister à ses cours, éviter les endroits publiques (ex. centre d’achat, gym), ne plus parler en classe, etc.
Trouble obsessionnel-compulsif (TOC)
Le trouble obsessionnel-compulsif (TOC) implique des pensées, des images ou des pulsions indésirables et dérangeantes (obsessions) qui s’installent dans l’esprit de la personne et provoquent une grande anxiété ou un grand malaise, au point de vouloir réduire ce sentiment en adoptant des comportements ou des actes mentaux répétitifs (compulsions).
Trouble de stress post-traumatique
Le trouble de stress post-traumatique (TSPT) est un trouble réactionnel qui peut apparaître à la suite d’un événement traumatisant. Un événement est dit « traumatique » lorsqu’une personne est confrontée à la mort, à la peur de mourir ou lorsque son intégrité physique ou celle d’un.e autre a pu être menacée. Cet événement doit également provoquer une peur intense, un sentiment d’impuissance ou un sentiment d’horreur.
Une personne qui développe un trouble de stress post-traumatique :
- revit continuellement la scène traumatisante en pensée ou en cauchemar (symptômes de reviviscence);
- cherche à éviter – volontairement ou involontairement – tout ce qui pourrait lui rappeler de près ou de loin le trauma (symptômes d’évitement et d’engourdissement émotionnel);
- est fréquemment alerte (symptômes d’hypervigilance) malgré l’absence de danger imminent
Rappel
Aucun facteur à lui seul ne peut causer un trouble de santé mentale et la manifestation de certains symptômes ne renvoie pas automatiquement à un diagnostic. Le médecin, le psychologue, ainsi que certain.es professionnel.les autorisé.es par leur ordre sont les seul.es à pouvoir émettre un diagnostic à partir d’une analyse professionnelle complexe qui prend en compte de multiples facteurs génétiques, biologiques, environnementaux et expérientiels.
Témoignages
- L’histoire de Marc-André vivant avec un trouble panique
- L’histoire d’Élise vivant avec l’anxiété sociale
- L’histoire de Laurie vivant avec un trouble d’anxiété généralisée
- L’histoire d’Émilie vivant avec un trouble obsessif compulsif
Voici également une série de quatre reportages qui te permettront d’explorer plusieurs facettes de l’anxiété à travers des témoignages.
Pour en savoir plus et obtenir du soutien
- Page web sur les troubles anxieux du Gouvernement du Québec
- Site web d’Anxiété Canada
Outils
- Application favorisant le retour au calme lors d’une crise de panique : Rootd
- Outil de soutien à l’autogestion : Aller mieux à ma façon
- Programme : Retrouver son entrain de l’Association canadienne pour la santé mentale
Mise en garde
Selon leur intensité et leur durée, certains signes et symptômes ne pourront pas être répondus uniquement par l’utilisation d’outils d’autogestion. Dans le cas d’une détresse psychologique importante, il est fortement conseillé de demander l’aide d’un.e professionnel.le rapidement, notamment lorsque toi ou ton entourage observe chez toi les signes suivants:
- Des excès de colère ou des changements brusques d’humeur
- De la nervosité ou de l’agitation
- Une tristesse inconsolable ou une absence d’émotions
- Une perte d’intérêt pour les activités qu’on aime
- Une difficulté à dormir ou une tendance à dormir beaucoup plus qu’à l’habitude
- Une perte ou une prise de poids importante en peu de temps
- Le fait de ne plus prendre ses médicaments
- Un manque d’hygiène
- Une tendance à se mettre en retrait et à s’isoler
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