La vie est constituée de petits et de grands changements auxquels nous devons nous adapter. Certains sont associés à des évènements, à des étapes de vie ou à des imprévus. Tu en as déjà probablement vécu quelques-uns dans les dernières années : l’entrée au collégial ou à l’université, le départ de la maison familiale, l’arrivée dans une nouvelle ville, le deuil d’une relation, la vie en colocation, etc. Bien que chaque personne réagisse différemment aux changements, savoir s’adapter est primordial. En effet, s’acharner ou résister très fort à un changement devant lequel on n’a peu ou pas de contrôle peut générer son lot d’émotions difficiles et engendrer l’épuisement. On peut ainsi travailler à développer notre capacité à naviguer à travers les aléas de la vie.

QU’EST CE QUI INFLUENCE LA CAPACITÉ D’ADAPTATION À UN CHANGEMENT?

L’adaptation à un changement ou une transition est un processus complexe qui dépend de plusieurs facteurs.

Les caractéristiques de la situation : Est-ce que le changement est imprévu, souhaité ou imposé? Est-ce qu’il survient en même temps que d’autres évènements où ton énergie est fortement sollicitée? Est-ce qu’il y a des particularités qui rendent la situation plus facile ou difficile à vivre?

Tes réactions ou comportements devant le changement: Ce changement te fait vivre quelles émotions: excitation, peur, fébrilité, anxiété ? Quelles stratégies entrevois-tu pour faire face la situation: contrôle de la situation, modification du sens, gestion du stress? As-tu confiance en tes capacités à traverser la situation?

Les ressources à ta disponibilité : Est-ce que ton entourage (familles et ami.es) sont disponibles pour te soutenir pendant ce changement? Est-ce que tu as accès à des services dans ton établissement? Te sens tu outillé.e pour t’adapter à ce changement?

L’EXPÉRIENCE MIGRATOIRE: DÉMÉNAGER POUR POURSUIVRE SES ÉTUDES

Si tu es un.e étudiant.e international.e, l’expérience migratoire a probablement été synonyme de grands changements et de bouleversement de tes habitudes de vie. L’expérience de chacun est différente, mais l’adaptation est généralement vécue par étape et n’est pas linéaire.

  1. La lune de miel: c’est la période d’euphorie et d’excitation suite à l’arrivée. Tout est nouveau, tout est beau!
  2. La crise ou la confrontation: cette période de désillusion coïncide généralement avec le début des cours. C’est à ce moment qu’on peut ressentir fortement les différences entre le Québec et son pays d’origine. Il y a alors une perte de repères générant des sentiments de confusion, de frustration, d’impuissance, d’isolement et de nostalgie. C’est là qu’on peut ressentir une envie très forte de retrouver un environnement familier et sécurisant.
  3. L’ajustement: Cette étape prend plus ou moins de temps selon les stratégies d’adaptation qui sont mises en place. Tout n’est pas parfait, mais il y a de nouvelles habitudes qui se mettent en place et un sentiment de compétence qui s’installe.
  4. L’aisance biculturelle: C’est l’étape finale qui peut survenir après plusieurs années alors que la personne se sent maintenant comme chez elle, autant dans sa culture d’accueil que dans sa culture d’origine.

TRANSITION VERS LA VIE ADULTE

La transition vers l’âge adulte se situe habituellement entre 18 et 25 ans, mais elle peut débuter vers 16 ans et se terminer après 30 ans. Cette période, à la fois pleine de défis et d’opportunités, est un moment où on prend progressivement de l’autonomie. Le fait de pouvoir devenir plus indépendant.e peut, par exemple, t’amener à quitter le nid familial, faire des choix professionnels, t’investir dans une relation amoureuse, apprendre à gérer tes finances, avoir un enfant, obtenir un emploi convoité, etc.

Cette possibilité de faire tes propres choix est excitante, mais peut aussi entraîner la peur de se tromper et un certain stress, puisque que la situation est aussi synonyme de nouveauté et de renoncement. D’ailleurs, statistiquement, on observe que les personnes qui transitent vers l’âge adulte sont proportionnellement plus nombreux à démontrer des signes de détresse psychologique que les autres groupes d’âge.

L’ENTRÉE AU COLLÉGIAL OU À L’UNIVERSITÉ

Les transitions du secondaire au collégial et vers l’université comportent leurs lots de défis sur les plans scolaire, social et psychologique. Il en va de même si tu passes de la maîtrise au doctorat. Ce qu’on tente de te dire ici, c’est que c’est normal que te sentes un peu déboussolé.e durant ta première session. C’est une très grande période d’ajustements face à plusieurs éléments : adaptation à une nouvelle culture d’apprentissage, incertitude face au domaine d’étude, développement du sentiment de compétence, et bien d’autres choses!

Puis à travers tout ça, il y a la vie qui continue en dehors de tes études et qui comporte ses propres défis. Il est normal que quelques semaines soient nécessaires avant que tu te sentes compétent.e et à ta place dans ton programme. Certains doutes et défis peuvent demeurer, mais tu pourras tout de même persévérer en ayant confiance que cela s’améliore avec le temps.

STRATÉGIES POUR ABORDER LE CHANGEMENT SAINEMENT

Se positionner face au changement

  • Dresse la liste des impacts potentiels (positifs ou négatifs) liés au changement.
  • Essaie graduellement de te créer de nouveaux repères tout en sachant que cela demande du temps et de l’expérimentation.
  • Tente de nourrir une attitude de lâcher-prise si tu n’as pas de contrôle sur la situation.
  • Évalue ton niveau de tolérance face à l’incertitude (ne pas tout prévoir, laisser des espaces libres à ton horaire, etc.).

Vivre les émotions

  • Donne-toi le temps de « digérer la nouvelle », d’être déstabilisé.e et de vivre une variété d’émotions.
  • Prends soin de tes relations et prends du temps avec tes proches malgré la charge de travail et l’envie de t’isoler.
  • Pratique la pleine conscience pour t’aider à t’ancrer dans le moment présent, et l’acceptation.
  • Parle avec tes proches pour extérioriser les émotions qui émergent.

Se mettre en action

  • Utilise l’énergie du stress pour réagir et te mettre en action.
  • Si tu te donnes un objectif, décortique-le en sous-étapes afin de favoriser la persévérance et éviter le découragement.
  • Fais preuve de proactivité dans la mise en place de solutions et n’attends pas la solution « parfaite ».
  • Laisse-toi la flexibilité de t’ajuster en cours de route.

En complément, tu peux visionner les témoignages d’Émilie et d’Andres qui ont fait preuve d’une grande capacité d’adaptation durant leurs études.

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Références

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Consortium d’animation sur la persévérance et la réussite en enseignement supérieur. (2020) Transitions interordres et intercycles en enseignement supérieur

Centre d’études sur le stress humain. (2019) Stratégies d’adaptation

Centre RBC d’expertise universitaire en santé mentale. (2017) Recension des écrits sur la transition à l’âge adulte

Institut de la statistique du Québec. (2015) Portrait statistique de la santé mentale des Québécois. Résultats de l’Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes

Université de Sherbrooke. (2021) Adaptation au changement – Étudiants – Université de Sherbrooke (usherbrooke.ca)

Université Laval. (2016) Choc culturel et adaptation

Crédits

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Illustrations : Mario Fontaine

Contribution à l’article : Isabelle Queval, psychologue

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